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C’était le 28 octobre 1965. Les pères conciliaires promulguaient une déclaration qui allait révolutionner - peu à peu - l’histoire de l’Eglise catholique avec les autres religions : Nostra Aetate (A notre époque). L’Eglise catholique regardait enfin les autres religions avec respect.

Initialement, le texte ne concernait que le judaïsme et les Pères s’étaient appuyés sur les « 10 points de Seelisberg ». Cette ville suisse avait accueilli en 1947 une conférence internationale extraordinaire du COUNCIL OF CHRISTIANS AND JEWS, afin d’étudier les causes de l’antisémitisme chrétien et tenter d’y remédier. Etaient présents 28 juifs dont l’historien Jules ISAAC - qui venait avec 18 propositions pour éradiquer les préjugés contre les juifs - 23 protestants, 9 catholiques et 2 orthodoxes grecs, soit 70 personnalités de 17 pays différents. Les chrétiens réalisèrent la responsabilité de près de 20 siècles de rejet et l’urgence de corriger leur enseignement sur le judaïsme.

Les débats entre les Pères conciliaires furent houleux et le texte maintes fois repris fut finalement élargi à toutes les religions, ce qui lui permit d’être voté à une large majorité.

Mais sur le judaïsme, il était bien en retrait de sa version initiale et des points sensibles – la Shoah et Israël - ont été passés sous silence. Il n’en demeure pas moins qu’il inaugurait une ère nouvelle et que l’Eglise allait passer de « l’enseignement du mépris[i] » à celui de l’estime.

Des publications post conciliaires combleront des lacunes, creuseront les pistes ouvertes, et la « théologie de la substitution » (la nouvelle Alliance rendant caduque la première) sera officiellement écartée car « les dons et l’appel de Dieu sont sans repentance » (Rm 11,29).

C’est donc dire que la première Alliance est toujours valide. C’est dire que le peuple juif a une mission, aujourd’hui encore. Et c’est un véritable défi pour la construction d’une nouvelle théologie du Judaïsme : laissons ce grand chantier aux théologiens.

Ce qui ne signifie nullement que nous n’avons rien à faire, car sur le terrain les vieux clichés ont la vie dure ! Nous avons bien pris acte de la judéité de Jésus et reconnaissons les juifs comme «  nos frères ainés dans la foi », c’est certain. Mais trop souvent encore nous disons que la première Alliance n’a plus rien à dire puisque Jésus est venu, que les préceptes juifs sont archaïques, les Pharisiens tous hypocrites, nous opposons la religion de l’amour à celle de la crainte, etc…

La montée actuelle de l’antisémitisme devrait nous inciter à réfléchir activement aux idées que nous entretenons, peut-être inconsciemment, et nous devrions relire - ou découvrir - les orientations pastorales du Comité épiscopal pour les relations avec le Judaïsme[ii], publiées par le Conférence des Evêques de France le 16 avril 1973 : elles sont toujours d’une grande actualité.

La statuaire médiévale de nos cathédrales nous a habitués à voir les allégories de l’Eglise couronnée triomphante et la Synagogue, découronnée, les yeux bandés, semblant laisser tomber les tables de la Loi.

 

 

 

(Cathédrale de Strasbourg)

 

 

 

 

 

 
Pour ce cinquantenaire de Nostra Aetate, l’université St Joseph de Philadelphie, qui abrite l’Institut pour les relations judéo-chrétiennes, a inauguré en juillet 2015 une splendide sculpture de l’artiste Joshua Koffman.L’œuvre de Joshua Koffman s’appelle « Synagoga and Ecclesia in Our Time » :

 

 l’Eglise et la Synagogue « à notre époque » - nostra aetate - chacune couronnée, sont assises côte à côte et partagent sereinement sur les Ecritures.

 Quelle avancée !

[i] « L’enseignement du mépris », Jules ISAAC,1962. Réédité chez Grasset en 2004
[ii] « Orientations pastorales du Comité épiscopal pour les relations avec le Judaïsme », en ligne sur http://www.paris.catholique.fr/391-L-attitude-des-chretiens-a-l.html

 

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